L’écriture automatique

Une retardée; c’est ce que je suis : toujours en dehors de la loi du temps, jamais dérangée par les horloges. Le petit déjeuner, les gâteaux, le sirop, tout est demeuré sur la table, en attendant mon retour. Quel bonheur serait de bouger mon corps, d’ici là-bas, pour les manger pendant les pauses ! Mais ce n’est pas le cas. La symphonie stomacale n’a fait que commencer, et vous, chère pensée, vous êtes l’invitée pour écouter ce que ma famine a à dire ; autrement, il n’y a qu’un papier pour vous laisser porter et sortir vite vite du théâtre de la nourriture.

Bel et bien, vous sortez, et qu’est-ce qui vous attend ? Le ciel gris, la pluie des arbres, la chute des feuilles, le son de vos pas sur celles qui sont déjà mortes. Mais vous l’aimez bien, le son des corps morts se cassant l’épine pour vous amuser ; soyez tranquille, il n’y a rien de mauvais ou de bon, seulement un ensemble de divertissements plus grands ou plus petits se répandant dans le monde et dans les galaxies ; même les étoiles s’amusent à vous regarder ! En échange, nous nous amusons à leur décocher un clin d’œil.

Les galaxies, lointaines, ont des yeux à milliards, nous surveillant à chaque fois qu’on prend un avion. Saviez-vous que, pendant le vol, on est sans défense au regard de toutes les galaxies de l’univers ? C’est en raison du changement de position par rapport au niveau de la mer. Les sirènes sont souvent fâchées contre nous pour avoir choisi l’avion au bateau, même si elles savent, dans leurs cœurs, que le bateau mouche est vraiment moche. Revenant, alors là, dans l’air, à quoi penseriez-vous ? Bien évidemment, pas aux sirènes ! Il y a du bon en avant de l’espace extérieur, des beaux nuages… et le changement de climat : Le pilote se mettant au rang des dieux, se mélangeant entre la pluie et le soleil à travers des milliards de kilomètres, du parcours d’une certaine autoroute fondée par un certain Monsieur Arc-en-ciel.

Belles sont les images, et pourtant pitoyables : elles ne seraient jamais plus charmantes que faire marcher les jambes. Après tout, les pieds peuvent vous emmener sous les arbres, sous les jours de pluie, en automne, et créer votre propre symphonie orchestrale en dansant sur la nature morte. Surement elles, parties de cet univers épuisé et sur le point de nourrir les bactéries du sol, auront encore beaucoup de joie à vous donner : des sons en harmonie à vous éclater, le sentiment de liberté, la mort des horloges, l’oubli d’un petit-déj qui vous attend à la maison.

  1. calligraphiedelair ha publicado esto