L’ours rêve à la nuit foncée
de l’hiver austral,
dédaignant le blanc immaculé
sur l’étendue des glaces.
L’ours rêve à la nuit foncée
de l’hiver austral,
dédaignant le blanc immaculé
sur l’étendue des glaces.
Il est allongé dans mon divan.
Il me regarde à yeux fixes ; les muscles de son bras sont en tension lorsqu’il a une idée.
Il écrit dans son cahier.
Ma colocataire écoute White Stripes, des bandes blanches.
Il ouvre la bouche en écrivant.
Ses yeux, mi-fermés, me regardent ; je souris, il sourit.
Il sort dehors, revient les bras croisés ; prend sa bière, m’offre sa bière, je refuse.
La guitare fait pap pap pap pap.
Il reprend son crayon, il finit sa phrase ; sa bouche toujours ouverte.
Je continue à écrire pour toi.
On écrit tous les deux. Il se touche les cheveux, lève ses papiers ;
me regarde.
J’enlève mes lunettes, mes yeux respirent. Je pense à toi. Un instant. Puis, je reprends mon écriture. Je suis mi-allongée dans le divan à L, plutôt dans la partie basse. Je sens l’alcool dans moi. Je pense à toi. Un instant. Je m’en fous si c’est trop évident. Ça m’embête pas PLUS.
J’essaie de ne pas rire mais je ne suis pas suffisamment forte. Je souris.
Je sens ma respiration. Il prend sa bière, il en boit.
Il descend du divan comme pour tomber par terre.
Il prend mes jambes, soutenues par une table, en face de moi.
Il prend mes jambes. Il embrasse mon sexe. Il regarde à yeux fixes où ma colocataire se trouve. Il n’arrête pas d’y regarder. Je ne bouge pas. Lentement, il retourne à sa place. Je souris.
ON PENSE À CE QU’ON VEUT
ON MONTRE CE QU’ON VEUT
J’écris des métaphores brûlantes
Touchées par des cœurs enflammés
Je les écris souvent suffocantes
Pour empêcher d’être dévorée par le gel
J’écris des assonances en abondance
Au lendemain devenant mutiques
J’écris au-dessous d’une bête muette
Pour respecter l’accord tacite
J’écris pour cacher mes allégories
Les déroutant des métonymies réjouissent
J’écris avec la plume du vent propice
Pour, sans mot dire, à la fin, m’épanouir
Étant seule, en tous points ; entière
J’écris la solitude
Pour habiller les mots d’humilité sincère
Pour griffonner à plaisir